Penchons-nous sur cette vie hors du commun qui s’étale de 1868 à 1969.
En 1889, à sa majorité (21 ans), Alexandra David se convertit au bouddhisme, alors qu’elle est issue d’une famille protestante par son père et catholique par sa mère.
De 1893 à 1899, Alexandra, qui ne fait pas mystère de ses idées féministes et anarchistes, écrit des articles virulents dans différentes revues.
De 1895 à 1902, pour faire face à ses besoins, elle entreprend une carrière artistique comme chanteuse lyrique dans laquelle elle connait un certain succès un peu partout en Europe et en Orient.
A Tunis, en 1900, elle rencontre un cousin éloigné, Philippe Néel, ingénieur en chef des Chemins de fer tunisiens. Elle 36 ans. Elle se marie…. Et sombre rapidement dans la dépression ! Elle ne veut pas d’enfant et son époux comprend très vite qu’elle n’est pas faite pour être une femme au foyer.

En 1911, elle entreprend un voyage en Inde qui la fascine. Elle promet à son époux de revenir sous 18 mois. Elle reviendra en fait 14 ans plus tard, accompagnée de son compagnon d’exploration, le jeune lama Aphur Yongden, dont elle fera son fils adoptif. Ce qui jettera un certain froid dans le couple !
Durant ses voyages, elle se perfectionne dans le bouddhisme, apprend le tibétain, rencontre le 13eme Dalaï-lama, vit quelques mois recluse dans une caverne où elle s’initie aux méthodes de méditation des yogis.
L’Inde, le Japon, la Corée, la Chine et le Tibet n’ont plus de secret pour elle. Elle effectue même un séjour incognito à Lhassa, interdite aux étrangers et en certains endroits, aux femmes.
Ses aventures font la Une des journaux du monde entier, et cette gloire lui apporte de quoi acheter, en 1925, à Digne, (à équidistance entre Orange et Nice), une maison provençale qui est maintenant un musée :
Le musée
De 1925 à 1937, elle fait de grandes tournées de conférences en France et en Europe.


En 1937, à 69 ans, Alexandra David-Néel décide de repartir pour la Chine avec Yongden.
Elle se retrouve en plein conflit sino-japonais et assiste aux horreurs de la guerre. Fuyant les combats, elle erre en Chine avec des moyens de fortune.
En 1941 son mari meurt. Elle en est très affectée. Bien que n’ayant quasiment jamais vécu ensemble leur attachement réciproque était sincère et intense.
En 1946, à 78 ans, Alexandra David-Néel rentre en France.
En 1955 Yongden meurt.
Sa soif de voyage ne s’est jamais tarie : elle demande en 1968, à 100 ans, le renouvellement de son passeport : elle avait le projet de faire le tour du monde en 4 CV avec sa secrétaire.
Elle meurt en 1969 à 101 ans.
Alexandra David-Néel est nommée chevalière de la Légion d’honneur le 31 décembre 1927, puis officière le 27 février 1954, enfin commandeure le 30 décembre 1963.
En savoir plus :
Ses principales œuvres :
https://www.babelio.com/liste/17314/ALEXANDRA-DAVID-NEEL
Association Alexandra-David-Néel :
