Tragédienne de génie à la renommée internationale (elle a fait des tournées triomphales sur les 5 continents) elle a marqué son temps par son art oratoire et son mode de vie de femme libre.
Sa devise était « Quand même » en référence à son audace et à son mépris des conventions.
Elle eut de nombreux amants, peut-être même Victor Hugo, et n’hésita pas à jouer des rôles d’hommes au théâtre, comme celui de « l’aiglon » d’Edmond Rostand.

On lui attribua une langue bien pendue : à une jeune comédienne qui déclarait avoir déjà joué plusieurs fois sans avoir le trac, elle aurait alors répondu : « Ne vous en faites pas, le trac, cela viendra avec le talent ». »
Sandrine Kiberlain l’a magnifiquement interprétée dans le film « la divine » sorti en 2024.

Elle décida un an plus tard de faire sa rentrée théâtrale.
C’était une femme d’une énergie extraordinaire. Qu’on en juge : en 1915, à l’âge de 70 ans, elle vivait depuis cinquante ans avec un seul poumon et depuis trente ans avec un seul rein, quand on dût l’amputer d’une jambe.
Sacha Guitry, qui la vénérait et la considérait comme sa seconde mère, raconte le mot d’esprit le plus méchant qui ait été fait sur elle, parce que ce mot affreux résumait ce soir-là toute la situation :
« Le soir de la première arrive. Le Tout Paris est dans la salle.
Comment va-t-elle s’y prendre ? Portera-t-elle une jambe articulée ? aura-t-elle cette jambe de bois qu’on appelle pilon ? Devra-t-on la porter sur scène ? jouera-t-elle assise ? Toutes questions très émouvantes en vérité.
Le rideau va se lever. Le régisseur frappe les 3 coups : Pan … Pan … Pan … Un spectateur s ’écrie alors : la voilà ! »
C’est sur le tournage de « La voyante » dont le scénario est inspiré par Sacha Guitry, que cette grande tragédienne décède en mars 1923.
Elle est la première femme française à recevoir des obsèques nationales.
