Trois temps structurent la réflexion :
- A/ La poupée Barbie est-elle née au Moyen Âge ?
- B/ Une Renaissance (trompeuse) du corps féminin ?
- C/ Le corps féminin des temps modernes, entre liberté et utopie…
Pascal : « le nez de Cléopâtre, s’il eut été plus court, toute la face de la terre aurait été changée »
A/ La poupée Barbie : éternel féminin
Un certain type féminin idéal existe dès le moyen-âge : cheveux longs et blonds, taille mince, traits fins, teint blanchâtre, yeux clairs, sourire discret et enfin et surtout : jeunesse. Même la vierge Marie répond à ce canon !
Le chevalier quant à lui, par opposition, a le teint hâlé (car il court l’aventure), les cheveux courts et noirs (signe de virilité), le regard sombre (du poids des responsabilités).
Aucun changement à la Renaissance. La plupart des italiennes sont brunes dans la réalité, mais la représentation de l’idéal féminin reste « blond ». Une exception notable : la Joconde de Léonard de Vinci. Mais son tableau fut refusé par son commanditaire et Léonard dut partir en France avec sa toile sous le bras.
Et puis bien sûr, plus tard les toiles de Rubens et consorts qui sont une exception par rapport à la norme.
B/ Le 16ème siècle
La représentation des femmes est idéalisée et la soumission des hommes à leur charme mise en évidence. D’où un sentiment d’infériorité masculine qui se traduit par une cruauté nouvelle vis-à-vis des déviantes.
La chasse aux sorcières (brunes, vieilles) bat son plein et au lieu de leur faire un « bref rappel à la loi » comme cela se faisait au moyen-âge, on les tue. Elles ne répondent pas au canon de beauté. Elles font peur. Elles sont le bouc émissaire dont il faut se débarrasser.
A partir du 16ème siècle apparait la syphilis, cadeau des amérindiens aux conquistadors qui leur avait apporté la variole et d’autres maladies qui les décimèrent en quelques décennies.
La syphilis s’est transmise notamment par la prostitution, qui en plus d’être amorale et dispendieuse, pouvait conduire à la mort. Le corps féminin devient un bouillon de culture particulièrement inquiétant.
Comment s’en prémunir ? contrôler le corps des femmes, puisque contrôler l’appétit sexuel des hommes est impossible : c’est dans leur nature. Les femmes sont coupables, car elles sont trop attirantes.
C/ Le 19ème siècle et au-delà
La liberté du corps féminin se traduit au début du XXème siècle par une masculinisation. C’est l’apparition de la garçonne. La féminité libérée passe par une copie du mâle !
Fin 19ème siècle la syphilis régresse alors que l’hystérie progresse. Charcot utilise des comédiennes pour prouver ses découvertes qui permettent au corps médical de prendre le pouvoir sur les femmes, par essence, faibles et fragiles.
Après 1945, les américains imposent le stéréotype du vainqueur par pin-up et playboy interposés : la blonde plantureuse et sexy, dont le modèle est Marylin Monroe.

La liberté des femmes est au service de la libido masculine.
De nos jours, le corps des femmes est toujours et encore soumis à l’homme :
– la religion musulmane enferme les femmes pour empêcher l’émergence du désir masculin.
– les mouvements « me too », « balance ton porc », etc … luttent contre le harcèlement quotidien.
– de jeunes lycéennes se livrent à la prostitution pour gagner de l’argent « facilement ».
Avec les mannequins à taille de guêpe style Kate Moss ou les images par I.A., on assiste à un retour à la norme ancienne et en fait éternelle du type « poupée Barbie ».

