À la fin du XVIIIe siècle, là où se dresse le château de Dino aujourd’hui, se trouvait un domaine bien plus vaste, le parc de Montmorency. Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, le premier peintre du Roi-Soleil, Charles Le Brun, désire s’éloigner des intrigues de la cour et s’y fait construire une maison de campagne. En 1702, Pierre Crozat (riche financier parisien) achète la propriété de Le Brun et entreprend la construction d’un important château à l’est du parc.

En 1719, il orne le parc d’une orangerie semi-circulaire sur les dessins de Gilles-Marie Oppenord. Quant au Petit Château, après quelques modifications, il offre des appartements aux nombreux hôtes en villégiature à Montmorency. Le maréchal de Montmorency-Luxembourg, acquiert le domaine en 1750. Jean-Jacques Rousseau y est convié à plusieurs reprises et séjourne même au Petit Château lors de la rénovation du Mont-Louis en 1759

Bien qu’ayant échappé aux destructions de la période révolutionnaire, tous les batiments seront abattus, et le parc sera divisé en 1817, par un marchand de biens, en 4 lots constructibles. L’orangerie et les deux dépendances du Grand Château demeurent ainsi les seuls témoignages du glorieux passé du parc de Montmorency.


Vestige du Château Crozat de Montmorency, l’Orangerie a subi bien des dégradations au cours des siècles avant d’être restaurée pour devenir un Conservatoire de Musique et de danse
Elle a été inscrite au titre des monuments historiques en 1977.

C’est en 1878 que débute l’histoire du château du duc de Dino, alors désigné sous le vocable « château de Montmorency », lorsqu’un banquier achète le plus grand domaine, celui du grand parc. D’origine alsacienne, Isaac Léopold Sée est issu d’une famille de banquiers qui bénéficia d’une fulgurante ascension sociale au XVIIIe siècle. Il dirige la succursale de la banque familiale à Paris.
Il choisit de rénover la maison du précédent propriétaire et d’y adosser deux nouveaux corps de logis de style éclectique. Après six années de travaux, le château et les communs sont achevés en 1885. Cependant, la famille Sée en profite très peu puisque le banquier perd toute sa fortune en bourse la même année. La propriété et son mobilier sont aussitôt mis en vente.

Dès 1886, la propriété trouve un nouvel acquéreur en la personne de Madame Adèle Livingston-Stevens. Elle souhaite y profiter des beaux jours en compagnie de son fiancé, le marquis Charles Maurice Camille de Talleyrand-Périgord, futur duc de Dino. En 1888, le château est racheté par le duc de Dino à sa femme. Dans le but de s’approprier la demeure et d’en améliorer le confort, le couple se lance dans une deuxième phase de construction.
Le couple de propriétaires se sépare à la fin du XIXe siècle. Le parc est alors démembré en 8 lots et mis en vente en 1901. Le domaine est loué à un banquier, cousin du célèbre dramaturge Edmond Rostand. Souffrant de congestion pulmonaire, celui-ci y séjourne quelques mois au début du XXe siècle. Sarah Bernardt lui rend visite à plusieurs reprises. Le château trouve un nouvel acquéreur en la personne de Pierre Juppet, ancien négociant et conseiller de commerce extérieur en 1906. Puis, devient la propriété du chimiste Paul Basset en 1921. En 1958, le château est acquis par l’Association française de Cautionnement mutuel. Celle-ci divise le parc. En 1978, l’association en faveur de la protection à l’enfance, « La vie au grand air », acquiert le château. Bâtiment communal depuis 1991, le château est occupé par l’association Mars 95 qui intervient dans le cadre de la Protection à l’Enfance dans le Val-d’Oise.

https://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/

http://www.association-parc-du-chateau.com/

https://www.ville-montmorency.fr/

https://www.plainevallee-tourisme.fr/