Un certain nombre de clichés, d’à priori et de fausses idées reçues, sur la pratique du Jeu de Rôle (JDR) donne une image déformée et en partie fausse. En conséquence, ils freinent ou rebutent bon nombre de personnes dans la découverte et la pratique de cette activité.

Or, comme toute idée nouvelle, on la craint par ignorance, et par la suite, on regrette d’être passé à côté.

Le résultat est que le jeu de rôle existant depuis plus de 50 ans, de nombreuses personnes l’ont pratiqué sur le tard, regrettant amèrement de ne pas l’avoir pratiqué plus tôt, rebutés en étant trompés par les à priori et clichés véhiculés sur le Jeu de Rôle.

Voyons à présent quels sont ces clichés et idées fausses.

Le JDR c’est pour les gens bizarres, les nerds, les geeks : Beaucoup croient que le JDR est uniquement pour les ados ou pré-ados introvertis à l’allure gothique ou underground, s’adonnant à des pratiques louches, voire satanistes dans des garages ou des caves à la lumière des bougies.

Belle caricature très éloignée de la réalité.

La moyenne d’âge des « Rôlistes » (joueurs de JDR) tourne plutôt autour de la 40ène et implique toute couche sociale. L’activité du JDR peut brasser toutes les générations à partir de 8 ans et est justement l’une des très rares activités suscitant une mixité intergénérationnelle.

Le JDR c’est  trop compliqué: Certains pensent qu’il faut déjà avoir une connaissance approfondie des jeux pour pouvoir participer, ce qui peut intimider.

Or, c’est justement la grande différence avec les jeux de société classique (Monopoly, etc) : il n’y a pas besoin de connaitre les règles du Jeu de Rôle pour y jouer. Les règles s’apprivoisent facilement, progressivement au cours des parties avec l’aide des autres participants pour guider le novice.

L’idée que les règles des Jeu de Rôle sont trop complexes et difficiles à comprendre est très exagérée. Certains effectivement pouvaient l’être à une époque révolue. Mais à présent de nouveaux Jeux de Rôle au règles simples sont publiés. De surcroît, il existe divers Jeux de Rôle d’initiation, y compris pour les enfants en bas âge, permettant de les aborder avec une facilité déconcertante.

Le JDR c’est chronophage : La perception que les sessions de jeu peuvent durer des heures, peut décourager ceux qui ont des emplois du temps chargés ou un manque de patience. Or les joueurs de JDR sont unanimes sur ce constat : le temps passe extrêmement vite au cours d’un partie de JDR. À tel point, que faire un partie de seulement 2h est extrêmement frustrant et provoque un sentiment de manque, d’inachevé.

Pour vous donner un exemple : imaginez que vous regardez un film long-métrage et qu’au bout de ¾ d’heure ou 1 heure, on vous arrête le visionnage. Ne seriez-vous pas frustré ? Eh bien c’est pareil pour le Jeu de Rôle. Il ne faut pas oublier qu’a l’instar d’un film, le Jeu de Rôle est, par définition, un jeu de narration interactive. C’est une histoire (la narration) qui se déroule sous les yeux des joueurs actifs (interactifs) et non passifs comme les spectateur d’un film. Or cette activité rend la sensation de l’écoulement du temps encore plus rapide.

Pour autant, contrairement à un jeu de société classique, la durée du JDR est totalement adaptative. Vous pouvez interrompre une partie et la reprendre quand vous le souhaitez. Ça ne pose aucun souci technique ou ludique.

Le JDR c’est du jeu théâtral : L’idée que le jeu de rôle est simplement un exercice de performance théâtrale peut rebuter ceux qui ne se sentent pas à l’aise avec l’improvisation et/ou le jeu d’acteur.

Or, c’est en grande partie faux. Si le joueur le souhaite, il peut fournir une interprétation de son personnage (ce que les anglophones appellent le « Roleplay » – littéralement : « jouer un rôle »). Mais c’est très loin d’être la norme. Au contraire, l’interprétation d’un personnage peut intervenir, si l’envie s’en fait sentir par le joueur, dans des situations particulières, au choix du joueur, s’il le souhaite ou non. Absolument rien ne l’y oblige.

Le JDR c’est trop sérieux et prise de tête : Certains croient que tous les JDR sont très sérieux, voire sombres ; ce qui peut les dissuader, s’ils recherchent une expérience plus légère ou humoristique.

En réalité, le JDR est extrêmement malléable. Et vous y trouverez ce que vous y apportez : de l’humour si vous l’amenez avec vous, ou l’inverse : du sérieux si c’est votre préférence. De nombreux Jeu de Rôle proposent des univers et ambiances totalement différents, voire opposés : drôle, sombre, etc. Le choix est vaste.

Le JDR ce n’est pas pour les femmes : L’image stéréotypée du joueur de JDR comme étant un homme peut décourager les femmes de s’y intéresser.

Sauf que c’est inverser la cause et l’effet. Il y a moins de femme dans le JDR car elles sont moins enclines à s’y intéresser que les hommes. Mais l’évolution du ratio Femme/Homme tend à diminuer avec les années. Et pas mal de joueurs jouent en couple et/ou avec leurs enfants !

Le JDR c’est pour les enfants : L’idée que les JDR sont des jeux pour enfants peut amener certains adultes à penser qu’ils ne sont pas appropriés pour eux.

C’est une illusion qui est balayé par plusieurs aspects. Premièrement, le fait que le JDR ai été joué au départ par des jeunes donne cette impression de jeu « puéril ». Deuxièmement, l’écrasante majorité des joueurs actuels sont dans la tranche des 40 ans et plus. Enfin cet argument vient en contradiction de l’autre qui prétend que les Jeux de Rôle sont trop complexes.

Le JDR c’est uniquement du médiéval fantastique : Le fait que le Jeu de Rôle de référence grand public soit « Donjon & Dragons », masque la diversité énorme et infini des univers, des styles possibles du JDR : contemporain, enquête policière, univers de roman, de bd, de film, ou totalement inventé.

Il est vrai en outre, que le Médiéval Fantastique (ou MedFan) est, dans une proportion importante, le type d’univers préféré des joueurs. Et ce, pour des raisons qu’il serait trop long d’expliquer ici. Mais cela n’empêche en rien de jouer dans la vastitude des autres univers de JDR.

Le JDR c’est une perte de temps : La perception que jouer à des Jeux de Rôle est une activité peu productive peut dissuader ceux souhaitant valoriser leur temps libre.

Les personnes qui résonnent comme cela, bizarrement ne sont pas dérangé à regarder la télé, ou lire un livre, ou jouer aux cartes pendant des heures. Pourtant, le Jeu de Rôle amène le joueur à être productif, réflexif, entreprenant, imaginatif, communicatif, proactif. C’est l’inverse d’une activité passive. C’est même l’activité ludique la plus enrichissante, sociale et active possible.

Le JDR c’est un club très fermé : réservé à des initiés, une élite bizarre, dont ils sont les seuls à en comprennent les principes obscurs.

Il s’agit du jugement classique d’une activité que l’on ne connait pas, donc qu’on ne comprends pas, donc que l’on juge avec circonspection. Cependant, pour appréhender, il faut tester. Certains joueurs ont regretté amèrement lorsqu’ils ont découvert l’activité du Jeu de rôle sur le tard. Parce que justement, ils s’étaient laissé influencer par tous ces aprioris et fausses informations. 

Pourtant, le Jeu de Rôle est le jeu le plus riche, varié, intellectuellement, socialement et culturellement enrichissant. Aucun autre jeu de société ne peut rivaliser avec le Jeu de Rôle dans tous ces domaines.

C’est pourquoi des personnalités publiques comme Alexandre Astier, Maxime Chattam et bien d’autres, le clament haut et fort avec raison : « Le Jeu de Rôle est le meilleur Jeu au monde ! »

Donc n’hésitez plus, testez ! Ça ne coûte rien, sauf le regret de ne pas l’avoir fait plus tôt. Les clubs de Jeu de Rôle, comme les Rôliste en Morlacca de Lamorlaye, au sein de l’association Agora, sont toujours en appétence de faire découvrir leur activité à de nouveaux venus.

Car plus on est de fous, plus on rit… surtout au Jeu de Rôle.

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