Vitrailliste, sculptrice, plasticienne, formée dans la tradition des compagnons du devoir, son minutieux travail révèle la couleur, la transparence, et toute la poésie de ce matériau.
Il y a 4 ans, Lydia découvre le site troglodytique de Gouvieux, lieu original et unique, et le transforme en un véritable atelier-cocon, pour nourrir son esprit créatif.

Dès l’entrée, la magie du lieu, associée à la gentillesse et l’enthousiasme de Lydia, opère.
Sur la table, des créations contemporaines sur mesure côtoient des vitraux anciens en cours de restauration.
Lydia nous raconte, nous explique. Elle travaille de manière traditionnelle pour les vitraux anciens, tels les maîtres verriers du Moyen Age : du gabarit à la soudure, en passant par la découpe des morceaux de verre, leur sertissage à l’aide de profilés de plomb et enfin l’application du mastic.
Les outils traditionnels dont elle se sert demandent une grande maîtrise : ouvre-plomb, coupe-verre, pince à rompre, ciseaux à 3 lames, pince à gruger, tournette…


Lydia réalise également des œuvres selon la technique au cuivre inventée fin XIX° par Tiffany. Ici, chaque pièce est découpée à la main puis meulée pour que les côtés soient bien droits et polis. On colle un ruban de cuivre sur les bords, que l’on sertit finement. Ensuite, les pièces sont juxtaposées et l’on coule de l’étain en fusion pour assembler le tout, en veillant à ce que le fer à souder ne touche jamais le cuivre. Le coup de main nécessite une très longue pratique.

Guidés par Lydia, quelques-uns d’entre nous se hasardent à la découpe du verre…avec plus ou moins de succès ! Le secret nous a été révélé : il faut entendre le verre “chanter”. Cette artiste aime transmettre son savoir-faire. Elle enseigne son art, propose des stages, des visites de découverte, des démonstrations à un public avide de se familiariser avec la pratique du vitrailliste.
Pour enrichir sa pratique, elle s’est intéressée au fusing, technique de verrerie qui consiste à assembler par superposition des morceaux de verre collés à froid, puis à porter l’ensemble dans un four à son point de fusion pour former une seule pièce homogène.
A ses côtés, un de ses anciens élèves, également passionné, réalise quant à lui des travaux originaux de peinture sur verre et de grisaille. Il nous en explique la technique, subtile et délicate. En effet, il s’agit de travailler à l’inverse d’une peinture sur toile ou papier : d’abord les contours et détails, puis les aplats et enfin les fonds. La grisaille ou les grisailles, car il existe différentes teintes, existent depuis le Moyen-Age. Ce sont des couleurs vitrifiables qui se cuisent aux alentours de 620°C. Ces grisailles permettent de cerner les formes et de donner l’intensité de la lumière en créant des ombrages.
Après notre rencontre, il semblerait que la maxime suivante, attribuée au philosophe Confucius, convienne bien à notre hôte « Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie ».
Merci Lydia.
En savoir plus sur le verre :
Le verre
