Il est l’un des plus importants représentants du courant symboliste.

Le symbolisme est apparu en même temps que le réalisme. Il est lié au courant romantique et raconte une histoire avec un certain formalisme. C’est un courant des pays du nord qui a peu touché l’Italie.

Le réalisme c’est l’école de Barbizon (Millet), les impressionnistes. Son objectif : saisir la vie.

Les symbolistes, au contraire, ont le culte de l’artificiel : Moreau, Puvis de Chavanne, Rodon et d’une certaine manière les Nabis ….

Le symbolisme n’a pas nécessairement de symbole. C’est une peinture qui ne représente pas la vie, qui n’est pas esclave de la nature, du modèle. Les peintres symboliques sont très proches des musiciens qui manipulent un art abstrait, la musique.

Moreau est un être romantique, tourmenté, sombre. Très riche, que ses tableaux se vendent ou pas l’importe peu. Il recherche seulement la reconnaissance. Il réalise une peinture très littéraire, très personnelle qui n’aura pas de successeur. Par contre il aura comme élèves de futurs peintres illustres qui lanceront le courant « fauve » : Matisse et Dufy, notamment.

Examinons quelques une de ses toiles emblématiques :

« Œdipe et le sphinx » / 1864.

On note immédiatement les grandes différences avec les représentations classiques : la représentation du sphinx est totalement étrange ; son positionnement incroyable ; l’obsession du détail …. Tout cela créé un effet onirique, mystérieux

Oublié après sa mort, Moreau sera remis à l’honneur par les surréalistes, Marx Ernst en tête.

« Jason et Médée » / 1865.

Derrière les personnages, la toison d’or du bélier.

Médée est la femme fatale… Mais il y a aussi une ambiguïté sexuelle chez Moreau : l’homme n’est pas un male viril, brun et musculeux. 

« Salomé tatouée » / 1875

Etrange tableau, surchargé comme souvent, et recouvert de multiples tatouages.

La femme chez Moreau est évanescente, féérique, ésotérique…. Orientaliste.

« Galatée » / 1880

Extrait des Métamorphoses d’Ovide ce tableau relate la jalousie du cyclope Polyphème envers l’amour qu’éprouve Galatée pour le berger Acis.

Galatée réfugiée au fond d’une grotte trop étroite pour le géant, y apparaît comme une perle scintillante dans son écrin. Le Polyphème de Moreau n’est pourtant pas un ogre, mais un être mélancolique, égaré dans la contemplation de la femme inaccessible.

A noter la représentation des plantes, très travaillée et très exacte.

Niché dans le 9e arrondissement de Paris, le musée Gustave Moreau est un lieu fascinant dédié à l’œuvre du peintre. Ce musée-atelier, inauguré en 1903, a été conçu selon les volontés de l’artiste lui-même, qui a légué sa maison et ses collections à l’État français pour en faire un espace dédié à son art et à sa mémoire.

Ce qui rend ce musée si spécial, c’est son cadre intimiste. Contrairement aux grands musées parisiens, comme le Louvre ou Orsay, le musée Moreau conserve l’atmosphère d’un atelier d’artiste. Les salles, souvent petites et peu éclairées, invitent à une contemplation calme et immersive. Les murs sont couverts de toiles, et les vitrines exposent des dessins et des objets personnels de l’artiste, créant une expérience presque intime avec son œuvre.

Le magnifique escalier en colimaçon du musée

Adresse : 14 Rue de la Rochefoucauld, 75009 Paris

Site officiel : www.musee-moreau.fr