Ce n’est ni un animal, ni un végétal, ni un champignon comme on l’a longtemps cru. C’est une cellule géante avec des milliers de répliques de son noyau.

On le trouve partout, sous des feuilles mortes notamment, dans des endroits frais et humides.

Le nom courant « blob » lui aurait été donné par la scientifique française Audrey Dussutour- directrice de recherche au CNRS, spécialiste des organismes unicellulaires-.

Ce surnom fait référence au film d’horreur et de science-fiction « The Blob » (1958), qui mettait en scène une masse gélatineuse extraterrestre dévorant tout sur son passage, y compris les êtres humains.

Ce nanar serait sans doute complètement oublié si ce n’était le tout premier grand rôle de Steve McQueen. Il y était plutôt médiocre, mais le scénario ne l’aidait pas. 

Généralement de couleur jaune ou orangée, le blob se nourrit de spores, de bactéries et de micro-organismes, en les phagocytant et les digérant. En laboratoire on le nourrit en le plaçant sur du papier absorbant humide parsemé de … corn flakes, ou plutôt de flocons d’avoine. On l’a fait « grandir » ainsi jusqu’à atteindre 10 m2.

Très résistant, on peut le découper en morceau, chaque partie devient alors un blob autonome.

Mis en contact avec des blobs plus jeunes, il fusionne avec eux et retrouve même des capacités qu’il avait perdues, en termes de vitesse notamment. Ce phénomène suggère un mécanisme de réparation cellulaire, où les composants sains du jeune blob « corrigent » les dommages accumulés chez l’ancien. Ce qui intéresse prodigieusement nombre de laboratoires spécialisés dans le vieillissement. D’autant qu’il est quasiment immortel ! Si les conditions lui sont défavorables – sécheresse, absence de nourriture, etc..- il peut se mettre en dormance jusqu’à l’arrivée de conditions favorables, et ce pendant des années !   

En fait, dans la nature, il est surtout sensible à des pics de température répétés. Comme nous l’avons vécu cette année. C’est donc un marqueur efficace du changement climatique. 

Il se déplace en rampant. Pour ce faire, il fait osciller son réseau de filaments d’avant en arrière.

Un blob en train de déjeuner

Bien que dépourvu du moindre neurone et donc a fortiori de cerveau, il apprend : ainsi placé dans un labyrinthe où de la nourriture se trouve à l’autre extrémité, il trouve son chemin. Pour ce faire, le blob sécrète un mucus qui empêche sa dessication et qui a aussi un rôle répulsif l’empêchant d’explorer 2 fois le même trajet.

Il se reproduit en s’associant à un partenaire d’un autre sexe, ce qui lui est facile car il y a 720 sexes différents dans l’espèce.

Plus fort encore, il peut transmettre une information à un autre blob en créant un filament entre eux.

En laboratoire, le blob a réussi à recréer le réseau ferroviaire de Tokyo en reliant des sources de nourriture disposées comme les villes de la région.  En 26 heures, il a conçu un système aussi efficace que celui développé par les ingénieurs humains en 80 ans. Des algorithmes bio-inspirés reproduisent aujourd’hui cette logique pour optimiser les réseaux de transport urbain, la collecte de déchets et bien d’autres choses encore.

Le blob n’a pas fini de nous étonner

https://lejournal.cnrs.fr/videos/le-blob-la-cellule-qui-apprend